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    L’aquaponie, une approche durable pour la production alimentaire locale.

    aquaponie, un système de culture qui mêle pantes et poissons

    L’aquaponie, une approche durable pour la production alimentaire locale.

    Dans l’air du temps et en plein essor, l’aquaponie est un mode de culture plébiscité en agriculture urbaine. Il s’agit d’un écosystème naturel où les déchets de l’animal deviennent la nourriture du végétal. Elle pourrait être demain une solution écologique pour une production locale plus respectueuse de notre environnement et de notre planète.

    L’aquaponie, c’est quoi ?

    Ce procédé a été mis au point en Asie sous le nom de rizipisciculture, la culture du riz étant couplée à l’élevage des poissons. Elle est une parfaite symbiose entre les plantes et les poissons.

    L'aquaponie : quand les possins deviennent jardiniers

    Comment ça marche ?

    Le terme aquaponie est la contraction des mots aquaculture et hydroponie. Il s’agit de recréer en circuit fermé, un écosystème permettant la culture et l’irrigation de plantes placées sur un substrat, au moyen d’une pompe alimentée par l’eau d’un bassin où sont élevés des poissons. Les matières organiques que sont les déjections de poissons, vont servir de nourriture aux plantes. Chargées en éléments nutritifs, elles sont idéales pour la culture des végétaux et permettent des rendements intéressants.

    La filtration de l’eau

    La qualité de l’eau est primordiale en agriculture biologique. L’ammonium de l’eau produit par les déjections des poissons est récupéré grâce à un bio-filtre qui sert d’habitat aux bactéries. Il est ensuite transformé en nitrite puis en nitrate et absorbé par les végétaux. Les plantes servent alors elles-même de filtre biologique. Elles purifient l’eau qui retourne à l’aquarium débarrassée de toute substance nocive pour l’animal.

    Pourquoi se lancer dans l’aquaponie ?

    L’aquaponie permet à chacun de faire pousser toute l’année ses propres légumes de saison de façon autonome et sans aucun apport de pesticides ou d’engrais.

    Un rendement important et des économies d’eau

    Son principal réside dans l’intérêt d’une production de légumes relativement importante sur une surface réduite pour une utilisation d’eau minimale. Le rendement moyen au mètre carré d’un tel potager se situerait entre 150 et 300 kilos de nourriture. Il faut y ajouter la possibilité de consommer aussi entre 30 et 40 kilos de poissons sains pour 1000 litres d’eau. On n’est pas loin de l’auto-suffisance ! On comprend tout de suite l’intérêt écologique de ce système. Cette culture à domicile réduit la pollution liée au transport, ne nécessite aucun fertilisant chimique. De plus, les économies d’eau peuvent aller jusqu’à 90% par rapport à un jardin traditionnel de pleine terre.

    Manger ce que l’on produit

    Manger un produit que l’on a cultivé soi même est en soi un grand plaisir. Presque tous les fruits et légumes peuvent être cultivés de façon bio grâce à ce procédé. Vous pourrez donc y cultiver tomates, haricots, laitues, épinards, fraises et herbes aromatiques. Seuls les légumes racines (carottes, pommes de terre…) ne sont pas cultivables. Au delà du goût retrouvé, car non dénaturé par le conditionnement et le passage en chambre froide, on peut donc en faire une activité rentable. Par contre il est conseillé de commencer « petit ». L’aquaponie tout comme le jardinage traditionnel nécessite un apprentissage. Mais une fois maitrisée, cette technique de culture vous donnera les plus grandes satisfactions. Et comme il n’est jamais trop tôt pour commencer, on trouve dans certains magasins, des kits d’aquaponie adaptés à la taille des enfants.

    Un système autonome et peu d’entretien

    D’autres avantages pourront vous convaincre de vous lancer dans un tel système de culture. Il ne nécessite pas d’arrosage, ni de désherbage. Une production maraîchère autonome en somme ! Seul un entretien du système de pompe est nécessaire.

    Aquaponie: les précautions à prendre

    Bien sûr comme toute production alimentaire, l’aquaponie nécessite quelques précautions pour maintenir l’équilibre du système.

    Le PH de l’eau à surveiller

    Le PH de l’eau doit se maintenir entre 6 et 7. La température de l’eau doit elle aussi faire l’objet d’une surveillance et être maintenue entre 18 et 30 degrés. A surveiller aussi, le taux de nitrate. Il est conseillé de le stabiliser entre 40 et 120 ppm. Le choix du substrat qui accueille les plantes est également très important.

    La qualité du substrat

    En aquaponie, le substrat remplace la terre. C’est là que les plantes prennent racines et que se nichent les bactéries nitrificatrices indispensables à leur alimentation et à leur croissance. Il ne doit pas perturber le PH de l’eau. On oublie donc les substrats calcaires. Ses grains doivent être réguliers afin de faciliter la circulation de l’eau et éviter sa stagnation. Ils ne doivent pas se désagréger afin ne pas polluer l’eau et doivent aussi être poreux. Cela permet d’assurer la bonne fixation des bactéries qui pourront alors y proliférer. Les principaux substrats réunissant ces propriétés sont les billes d’argile, le gravier de rivière, peu onéreux mais assez lourd ou la pouzzolane. Cette roche volcanique poreuse et dotée d’alvéoles propices à la nidification des bactéries est idéale.

    Notre conseil

    Il est plus prudent de bien rincer le substrat avant sa première utilisation. Vous éviterez ainsi tout risque de contamination et de pollution de l’eau.

    Quels poissons choisir en aquaponie ?

    Carpe koi, un poisson jardinier idéal pour le système aquaponique

    Les poissons d’eau douce se plaisent particulièrement dans un aquarium d’aquaponie. Parmi eux, la truite, la carpe commune ou carpe Koï, mais on peut également utiliser des crevettes ou des écrevisses. Pour nourrir les poissons, évitez les farines industrielles et préférez leur les vers du compost par exemple. On peut cultiver la lentille d’eau (lemna minor) qui adore les milieux contenant de l’ammoniaque. Elle contient des protéines, des lipides et du carotène qui apporte de la vitamine A. Sa croissance très rapide en fait la plante idéale en culture aquaponique. Nourris de façon saine, les poissons sont alors eux aussi parfaitement comestibles.

    Aquaponie: comment bien commencer ?

    Vous n’êtes pas un bricoleur émérite ? Il vous sera très facile de vous procurer un kit de démarrage en aquaponie. On en trouve de toutes les tailles et à tous les prix, et quelquefois très design. Ces kits ont l’avantage de proposer un système tout en un, complet et adapté à votre usage. Ils peuvent s’installer à l’extérieur et même à l’intérieur, dans une véranda, dans un abri de jardin ou un garage. Il faut un endroit qui offre un ensoleillement correct pour permettre la croissance des plantes et une zone un peu ombragée pour le bac à poissons. Prévoyez aussi un accès sécurisé à une prise électrique pour le fonctionnement de la pompe.

    Les kits d’aquaponie pour commencer sans stress

    La plupart de ces kits comprennent:

    • Un bac de culture pour les plantes
    • Un bassin ou aquarium pour les poissons
    • Une pompe électrique et sa tuyauterie
    • Un bio-filtre
    • Le substrat
    • Un éclairage Led se trouve dans certains kits

    Il ne vous reste plus qu’a choisir vos plants, vos plantes, vos poissons et leur nourriture !

    Le saviez-vous 🐠 ?

    Il existe une fédération française d’aquaponie. Vous y trouverez du matériel, des conseils et des formations qui vous aideront à bien démarrer.

    Les inconvénients à connaître

    Les inconvénients en aquaponie sont rares mais il est bon d’en tenir compte avant de se lancer. Cette culture est dépendante de l’électricité sauf en cas de production par panneaux solaires. Cela peut avoir des conséquences en cas de panne électrique prolongée. Elle oblige à une présence quasi quotidienne afin de maintenir l’équilibre de l’écosystème d’où la nécessité de pouvoir compter sur une âme charitable en cas d’absence.

    En résumé

    L’aquaponie est un procédé innovant et accessible à tous. Facile à intégrer dans nos habitats, ses potentialités en font l’une des solutions à la demande croissante de nourriture de nos sociétés. Sans aller jusqu’à l’autonomie complète elle pourrait nous permettre de grandement réduire notre impact sur l’environnement.

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